Les forces armées néerlandaises ont une triple mission : défendre l’intégrit é du territoire national et celle du territoire de leurs alliés au sein de l’ OTAN, promouvoir la stabilité et l’ordre juridique internationaux et soutenir les autorités civiles lorsqu’elles veillent au respect du droit et exercent leur mission de lutte contre les catastrophes et d’aide humanitaire, tant au niveau national qu’au niveau international.
Des missions de paix à la lutte contre le terrorisme
Les forces armées néerlandaises ont une triple mission : défendre l’intégrit é du territoire national et celle du territoire de leurs alliés au sein de l’ OTAN, promouvoir
la stabilité et l’ordre juridique internationaux et soutenir les autorités civiles lorsqu’elles veillent au respect du droit et exercent leur mission de lutte contre les catastrophes et d’aide humanitaire, tant au niveau national qu’au niveau international.
La gestion des crises, l’aide humanitaire et la lutte contre les catastrophes ont pris une importance croissante ces dernières années. Tous les ans, des milliers de militaires néerlandais participent à des opérations de paix en de nombreux endroits du monde. Dans ce contexte, les forces armées néerlandaises coopèrent de plus en plus étroitement avec celles d’autres pays. Le budget de la défense est de l’ordre de 1,5 % du PIB.
La marine
Pour assurer la défense du territoire national et des eaux territoriales des Antilles néerlandaises et d’Aruba, la marine néerlandaise dispose d’une frégate et d’un bataillon de fusiliers marins stationnés dans les Caraïbes. Elle porte aussi assistance en cas de besoin aux autorités civiles lorsqu’elles veillent au respect du droit et dans leurs mission de lutte contre les catastrophes et d’ aide humanitaire, tant au niveau national qu’au niveau international. C’est elle qui assure la direction opérationnelle de la surveillance des côtes aux Pays-Bas et dans les Caraïbes.
Elle s’occupe notamment de la recherche et des secours aux noyés, de l’ inspection de la pêche et du contrôle des infractions. Au niveau bilatéral, la marine néerlandaise coopère aussi très étroitement avec la Belgique et la Grande-Bretagne. Au niveau international, des navires néerlandais font partie en permanence de la flotte et des bâtiments antimines de l’OTAN.
La marine dispose d’un corps des fusiliers marins, un corps expéditionnaire polyvalent, pouvant être déployé rapidement dans le cadre de la gestion des crises. Les fusiliers marins interviennent dans la défense du territoire des pays membres de l’OTAN, dans la gestion des crises et dans les opérations humanitaires et de maintien de la paix. Depuis le début des années soixante-dix, des unités du corps des fusiliers marins sont incorporées à une brigade britannique pour former la UK/NL Landing Force. La marine dispose d’une unité spéciale d’intervention (infanterie de marine) qui peut être déployée, à la demande du ministère de la Justice, dans des opérations antiterroristes.
Navires et aéronefs
Le groupe des escadres (GES), véritable armature de la flotte néerlandaise, se compose de frégates, de bâtiments ravitailleurs et d’un bâtiment amphibie du type transport de chalands de débarquement. D’autres unités de la marine sont : le Service de déminage et le Service sous-marin.
Le Service de l’aéronavale dispose d’hélicoptères, à terre ou embarquées. Les hélicoptères embarqués sont équipés de dispositifs anti-sous-marins ; les autres sont destinés au transport et aux opérations de recherche et de sauvetage.
L’armée de terre
De plus en plus, l’armée de terre est appelée à contribuer à des opérations de paix, de sécurité et de stabilité dans le monde. Cette contribution se traduit par des missions de gestion des crises, d’aide humanitaire et de lutte contre les catastrophes, qu’elle exécute souvent en coopération avec la marine et l’armée de l’air. L’armée de terre coopère depuis cinquante ans déjà avec les forces des pays de l’Alliance atlantique, une coopération qui s’est encore intensifiée ces dernières années. Ainsi, depuis août 1995, toutes les unités de combat de l’armée de terre font partie du corps d’armée germano-néerlandais, dont le quartier général est basé à Münster, en Allemagne.
Il arrive de plus en plus fréquemment que des unités de l’armée de terre soient engagées sur des théâtres d’opération hors du territoire de l’OTAN. Leur intervention peut revêtir trois formes : en premier lieu, l’envoi d’unités spé cialisées dans l’aide humanitaire ou la lutte contre les catastrophes, chargées de fournir nourriture et médicaments, d’apporter une assistance technique ou logistique et de former des démineurs ; ensuite, l’envoi de militaires pour surveiller par exemple le respect d’un règlement de paix ou d’un cessez-le-feu (maintien de la paix).
En pareil cas, l’armée de terre peut envoyer des bataillons intégrés dans une force de paix internationale ; enfin, l’envoi d’une brigade pour imposer un rè glement de paix ou un cessez-le-feu (imposition de la paix). L’armée de terre met aussi régulièrement des troupes et du matériel à la disposition de groupes ou d’organisations de la société civile.
L’armée de l’air
A la demande du gouvernement, l’armée de l’air fournit les forces d’ intervention rapide nécessaires pour effectuer, au niveau national comme au niveau international, des opérations de paix et d’aide humanitaire. Elle contribue ainsi au maintien de la stabilité et de l’ordre juridique internationaux. Les opérations peuvent consister à intervenir réellement ou à menacer de le faire, dans la logique de posture dissuasive. L’armée de l’air apporte aussi son soutien aux autorités civiles lorsqu’elles veillent au respect de la loi et luttent contre les catastrophes, nationales ou internationales. Elle participe en outre à la protection de l’intégrité de l’espace aérien des Pays-Bas et de leurs alliés de l’OTAN.
L’armée de l’air dispose de matériels modernes et de personnels bien entraîn és. Les avions de combat F-16 sont extrêmement performants pour la défense aé rienne, notamment par la précision des attaques au sol et les opérations de reconnaissance aérienne. Les aéronefs de transport et de combat sont en mesure d ’exécuter une vaste gamme de missions telles que la reconnaissance, l’attaque d ’objectifs terrestres, le transport de personnels et de matériels, le commandement, les vols sanitaires, les évacuations (médicales ou non) et les op érations de sauvetage.
La flotte d’aérotransport et la flotte des tankers contribuent à la mobilité tactique et stratégique de l’armée néerlandaise. Actuellement, deux Fokker 60 sont employés dans les Antilles pour assurer la capacité de reconnaissance aé rienne de la Garde côtière aux Antilles néerlandaises et à Aruba ainsi qu'aux Pays-Bas.
La maréchaussée
La maréchaussée (gendarmerie) relève du ministère de la Défense, mais elle exerce la majeure partie de sa mission policière sous la responsabilité d’ autres ministères, en particulier le ministère de la Justice et le ministère de l’Intérieur. Au niveau national, elle est divisée en six districts, mais les gendarmes participent aussi à des opérations à l’étranger, notamment à des missions de paix, pour appuyer les militaires néerlandais basés à l’étranger ou pour assurer la sécurité des ambassades ou d’autres intérêts néerlandais. Dans l’exécution de ses tâches militaires et civiles, la maréchaussée est assimilée à la police.
La maréchaussée remplit une fonction de police pour la marine, l’armée de terre et l’armée de l’air. A côté de cela, elle participe avec les autorités fiscales à la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les aéroports et apporte au besoin son soutien aux corps de police civils dans leur mission de recherche des infractions pénales et de maintien de l’ordre public.
La maréchaussée est par ailleurs chargée de la sécurité de la maison royale et de la résidence du premier ministre. Enfin, elle veille à la sécurité des transports de fonds de la Banque des Pays-Bas.
Schengen
Avec la suppression des frontières intérieures entre les dix pays de Schengen (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne, France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce et Autriche) suite à l’accord de Schengen de 1994, les Pays-Bas n’ effectuent plus de contrôles de personnes à leurs frontières orientale et mé ridionale. A la demande du gouvernement, la maréchaussée assure désormais la surveillance mobile des étrangers, une forme de contrôle des personnes sur les autoroutes à proximité des frontières nationales et dans les trains internationaux.
Elle effectue aussi les contrôles des personnes aux frontières extérieures de la zone Schengen, en particulier dans les ports maritimes (à l’exception de Rotterdam) et dans les aéroports. Elle est donc aussi amenée à s’occuper de l’ accueil des demandeurs d’asile et de l’expulsion d’étrangers indésirables sur le territoire néerlandais.
Missions nationales
La défense fait partie intégrante de la société néerlandaise. Le soutien aux autorités civiles dans la gestion des crises – les opérations nationales – est une des tâches principales des forces armées, au même titre que le soutien aux autorités néerlandaises en matière de sécurité intérieure. Grâce à leurs engagements répétés dans des foyers de crise à l’étranger, les forces armées disposent de personnels expérimentés et de moyens adaptés qu’elles peuvent mettre au service de la gestion des crises aux Pays-Bas.
C’est dans cette perspective que les autorités militaires veillent à rester en contact avec les services de secours civiles et leurs responsables locaux. Au niveau local, les exemples d’intervention des forces armées dans la gestion des crises ne manquent pas. Ainsi, il est souvent demandé au Commandement de neutralisation des explosifs d’intervenir. Même dans le cas de catastrophes telles que les inondations au Limbourg, l’épidémie de fièvre aphteuse ou, plus récemment, de grippe aviaire, les forces armées se tiennent toujours prêtes à apporter leur soutien.